LETTRE OUVERTE DE LA COMMISSION « BRANVIEL » PRESIDEE PAR Thierry GALEAU, Maire d’YTRAC AUX ELUS COMMUNAUTAIRES DE LA CABA
Ytrac, le 20 avril 2008
Chers collègues,
Après la mise en place de l’assemblée communautaire et de son exécutif, nous souhaitons vous communiquer un certain nombre d’éléments.
Ils sont essentiels pour comprendre notre démarche et la fermeté de notre position vis à vis du projet de création d’un centre d’enfouissement des ordures ménagères en forêt de Branviel.
Il est tout d’abord important de préciser qu’il existe certes un désaccord avec la CABA sur ce projet mais nullement un désaccord global ou général avec la CABA, bien au contraire.
Comment peut-on nous imposer d’être solidaires d’une décision que nous n’avons jamais votée et pour laquelle nous faisons valoir de simples droits d’expression, d’opposition et d’argumentation ?
« Le principe de précaution inscrit dans la Constitution doit conduire à écarter tout risque, même incertain » cite le collectif rural anti-décharges (voir un plus large extrait des propos de cette association en fin de lettre).
Sur le projet de création d’un CET à Branviel, notre position est tout d’abord dictée par le risque sanitaire qu’une telle installation ferait courir aux populations (cf étude de Golberg et Al nov 1995 et quelques autres plus récentes que vous pouvez trouver aisément
sur le net).
C’est plus de 330 constructions, principalement des maisons individuelles, qui ont été dénombrées dans un rayon de 1500 m autour du site prévu. En plus des pollutions olfactives indéniables, ces habitants vont souffrir d’autres formes de nuisances importantes : présence humaine accrue, bruits, éclairages, risque d’incendie, trafic routier…
L’existant du CET de Tronquière en est un exemple concret.
- Notre position est confortée par les graves préjudices que subirait cette forêt si un tel scénario se poursuivait : tous les investissements faits par les différents acteurs pour valoriser cette zone seraient inexploitables. De plus, l’attrait touristique que nous comptons développer avec vous de cette partie ouest d’Aurillac serait réduit à « peau de chagrin ».
- Par le vote du 16 mars, les ytracois, dans leur large majorité, ont notamment exprimé le rejet de ce projet et ainsi le désir de protéger et préserver le patrimoine naturel.
- Notre position est appuyée bien sûr par les craintes justifiées de dépréciation foncière que redoutent tous nos administrés.
- L’attractivité en matière de tourisme mais aussi le développement de l’habitat seraient réduits, entraînant alors des incidences négatives sur la fiscalité locale.
- La construction de deux centres d’enfouissement techniques est lourde en investissement financier.
- Enfin, nous sommes convaincus que notre position est juste : elle est juste quand on s’aperçoit que le principal argument lié à la présence d’argile en quantité suffisante pour éviter les risques d’infiltrations est bien faible. En effet, dans le seul rapport technique et scientifique cité au dossier (rapport du BRGM de 1995) ce site ne reçoit (pour le seul aspect géologique) qu’une notation de 1 sur une échelle allant jusqu’à 4.
Et ce n’est pas tout !
Un rapport plus récent de 1996 (demandé par la DRIRE Auvergne) pour identifier les sites argileux susceptibles de recevoir de tels équipements ne référence même plus Branviel. En clair, il n’y a plus ou pas assez d’argile à Branviel. L’argument géologique ne tient donc plus.
Nous souhaitons également clamer haut et fort combien tous les membres de notre conseil municipal sont prêts à travailler avec vous pour qu’une nouvelle dynamique s’opère afin de relancer le geste citoyen de trier. Les mentalités ont beaucoup évolué, positivement, vis-à -vis du tri, le travail fait auprès des enfants est remarquable et porte ses fruits. Nous, élus, avons dès aujourd’hui le devoir de proposer une solution durable : donner à toute la population des moyens de trier.
Nous sommes hors la loi d’aujourd’hui, hors la loi parce qu’on enfouit des déchets qui pourraient encore être triés puis revalorisés : la loi du 13 juillet 1992 (repris dans la circulaire du 25 avril 2007) ne permet l’enfouissement que des déchets ultimes.
En parallèle à la mise en place des ces moyens matériels mieux adaptés pour trier, nous travaillerons aussi à éduquer, avec la même conviction et la même persévérance qu’il a fallu pour le tri, à promouvoir la réduction des déchets.
La redevance au poids pour la collecte des déchets ultimes permet, selon une étude du CEMAGREF :
- une réduction de 25 % des ordures ménagères totales (en poids)
- une multiplication par 5 des tonnages d’emballages triés
- une diminution par 2 de la fréquence des collectes
- une baisse de 50 % des déchets résiduels
De telles politiques de tri et de prévention de la production des déchets ont permis dans certains départements une réduction jusqu’à 70 % des déchets à enfouir.
Ce recul d’échéance nous permettra de repenser le choix du site.
Il est possible de trouver un endroit à très faible densité d’habitations.
Maintenir ce projet en forêt de Branviel serait un acte grave de conséquences pour Ytrac et le bassin d’Aurillac.
Au nom du conseil municipal d’Ytrac,
Pour les membres de la commission Branviel,
Thierry GALEAU


